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Infrastructure datacenter : résilience et énergie en 2026

  • 10 févr.
  • 8 min de lecture
Vignette photoréaliste cinématique d’infrastructure datacenter 2026 : allée centrale avec baies serveurs métalliques, UPS modulaire N+1 au premier plan, capteurs, câblage ordonné, LED froides, refroidissement avancé et liquid cooling avec accents vert énergie, sans texte ni logos.

L’infrastructure datacenter ne tolère plus l’improvisation.

En 2026, les décideurs IT et énergie cherchent la même chose : assurer la continuité de service tout en maîtrisant l’empreinte énergétique d’un socle devenu critique (cloud hybride, IA, workloads sensibles, contraintes réseau et réglementaires). Cet article propose une lecture claire et opérationnelle des priorités résilience + énergie pour concevoir, moderniser ou exploiter une infrastructure datacenter durable et fiable, sans “sur-spécifier” ni fragiliser l’exploitation.

Score Group accompagne les organisations à la croisée de l’efficacité énergétique, de l’infrastructure numérique et des nouvelles technologies — Là où l’efficacité embrasse l’innovation…

Chez Score Group, nous intervenons comme intégrateur global avec une approche tripartite : Énergie, Digital et New Tech. Concrètement : notre division Noor ITS adresse l’infrastructure numérique et les datacenters, Noor Energy pilote la performance énergétique et l’intégration d’énergies, et Noor Technology apporte la couche capteurs, IoT et automatisation pour industrialiser le suivi et l’optimisation.

Pour découvrir l’ensemble de nos divisions et expertises, vous pouvez consulter score-grp.com.

Pourquoi l’infrastructure datacenter se réinvente en 2026

Une pression énergétique qui devient structurelle

La demande électrique liée au numérique augmente, et les datacenters sont explicitement identifiés comme un moteur de croissance. L’Agence internationale de l’énergie indique notamment que l’expansion des data centres est un facteur majeur de hausse de la demande, avec un ordre de grandeur de ~180 TWh consommés par les data centres aux États-Unis en 2024, et une trajectoire en hausse à l’horizon 2030. (iea.org)

En Europe, la Commission européenne rappelle que les datacenters représentent près de 3% de la demande d’électricité de l’UE et que cette part est appelée à croître. (energy.ec.europa.eu)

La résilience n’est plus “optionnelle” : elle est mesurée (et coûteuse quand elle manque)

Les interruptions de service restent un risque business direct. Les analyses d’Uptime Institute montrent que plus de la moitié des organisations interrogées déclarent que leur dernier incident significatif a coûté plus de 100 000 $, et qu’environ 1 sur 5 dépasse 1 million de dollars. (intelligence.uptimeinstitute.com)

Le même corpus met régulièrement en avant un point clé : l’énergie (power chain) demeure une cause majeure d’incidents impactants, tandis que les problèmes IT/réseau progressent avec la complexité (hybride, multi-fournisseurs, changements fréquents). (uptimeinstitute.com)

Un cadre réglementaire et normatif plus explicite (UE et standards)

En 2026, la tendance est à la transparence et à la standardisation des indicateurs. Au niveau européen, le règlement délégué (UE) 2024/1364 définit les informations et KPI à reporter vers une base européenne pour les datacenters d’au moins 500 kW de puissance IT installée (PUE, eau, température, renouvelables, réutilisation de chaleur, etc.). (eur-lex.europa.eu)

Côté mesure, la norme ISO/IEC 30134-2:2026 (publiée en janvier 2026) encadre la définition et les modalités de calcul de la PUE (Power Usage Effectiveness) pour comparer et piloter dans le temps. (iso.org)

Les deux objectifs à concilier : disponibilité et sobriété

Résilience : viser le bon niveau (ni sous-, ni sur-dimensionné)

La résilience d’une infrastructure datacenter se travaille sur plusieurs couches :

  • Électrique : double alimentation, UPS, batteries, groupes électrogènes, sélectivité, bascule, tests.

  • Thermique : redondance de production froid, distribution (CRAC/CRAH, boucle eau, CDU), gestion de l’air et/ou liquide.

  • Réseau : chemins diversifiés, redondance opérateurs, segmentation, maîtrise des changements.

  • Exploitation : procédures, MOP/SOP/EOP, essais, formation, supervision 24/7.

  • Continuité d’activité : PRA/PCA, réplication, bascule inter-site.

En Europe, la norme EN 50600 structure la notion de disponibilité via des classes de disponibilité (1 à 4), décrivant des niveaux de redondance et de tolérance aux pannes. (tuev-nord.de)

Énergie : piloter à partir d’indicateurs, pas d’intuitions

La performance énergétique ne se limite pas à “baisser la clim”. Elle repose sur des KPI comparables et une capacité à relier mesure → décision → action. En 2026, trois familles dominent :

  • PUE (efficacité énergétique globale du site), standardisée et mise à jour par ISO/IEC 30134-2:2026. (iso.org)

  • WUE (efficacité de l’usage de l’eau), proposée par The Green Grid (white paper, 2011) et de plus en plus scrutée, notamment avec le retour des refroidissements évaporatifs selon les climats. (archive.thegreengrid.org)

  • Part d’énergie renouvelable et valorisation de chaleur fatale (de plus en plus intégrées aux schémas de reporting). (eur-lex.europa.eu)

À noter : l’industrie a amélioré l’efficacité, mais la moyenne mondiale de PUE stagne depuis 2020. Uptime Institute observe un plateau autour de 1,55–1,59, avec une moyenne 2023 à 1,58 (effet “parc existant” et limites physiques). (journal.uptimeinstitute.com)

Concevoir une infrastructure datacenter “2026-ready”

1) Chaîne électrique : disponibilité, maintenabilité, et rendement

La chaîne électrique est le premier levier de résilience… et une source d’inefficacités si elle est surdimensionnée ou mal exploitée. Les points structurants :

  • Architecture : A/B, chemins multiples, séparation physique, sélectivité et coordination des protections.

  • UPS : choix de topologie, rendement à charge partielle, stratégie batterie (tests, vieillissement), et scénarios de bascule.

  • Groupes : logique N+1 vs 2N selon criticité, qualité carburant, tests sous charge, et sécurisation des auxiliaires.

  • Mesure : sous-comptage (IT, refroidissement, auxiliaires) pour expliquer la PUE et prioriser les actions. (iso.org)

Chez Score Group, notre division Noor ITS peut accompagner la conception/optimisation de l’infrastructure (électrique, salle, exploitation), tandis que Noor Energy apporte la brique pilotage énergétique et stratégie d’optimisation multi-sites. (Voir aussi : Gestion de l’énergie.)

2) Refroidissement : air, liquide… et consignes réalistes

Avec la densification (notamment IA), le refroidissement évolue : containment, optimisation des débits, free cooling quand pertinent, et refroidissement liquide (rear-door, direct-to-chip, immersion selon cas). Mais le point de départ reste la cohérence des consignes.

Les recommandations ASHRAE pour les classes A1–A4 situent la plage “recommended” autour de 18 à 27°C (température d’air). (handbook.ashrae.org)

En pratique 2026 :

  • Éviter l’overcooling (consigne trop basse) qui dégrade la PUE sans bénéfice proportionné.

  • Travailler l’airflow (obturation, confinement chaud/froid, étanchéité) avant d’ajouter de la puissance froid.

  • Anticiper les baies haute densité : cartographie des charges, contraintes de distribution, et “zones” adaptées (mix air/liquide).

3) Réseaux et exploitation : réduire les incidents “évitables”

Les incidents ne viennent pas uniquement du matériel : la complexité réseau, les changements et les procédures sont déterminants. Uptime souligne que la qualité des processus et des procédures est un facteur majeur dans la prévention des incidents, et que la complexité IT/réseau pèse davantage. (uptimeinstitute.com)

Trois pratiques “haute valeur” :

  1. Change management : fenêtres, validations, rollback, standardisation, “as-built” à jour.

  2. Supervision unifiée : corréler énergie + thermique + IT (événements, tendances, capacités).

  3. Runbooks : MOP/SOP/EOP testés, entraînements, et retour d’expérience après incident.

Pour renforcer la continuité de service au-delà du site, la démarche PRA / PCA est centrale : objectifs RTO/RPO, réplication, bascule, et tests réguliers.

Indicateurs clés 2026 : ce qu’il faut mesurer (et pourquoi)

Tableau — KPI essentiels pour piloter une infrastructure datacenter

KPI

À quoi il sert

Bon réflexe “2026”

Référence

PUE

Quantifier l’efficacité énergétique globale (site vs IT)

Mesurer de façon cohérente, sur une période représentative, avec sous-comptage

ISO/IEC 30134-2:2026 (iso.org)

WUE

Suivre l’usage de l’eau (direct/indirect selon méthode) et arbitrer les technologies de refroidissement

Comparer par saison et par mode (évaporation vs boucle fermée), intégrer les contraintes locales

The Green Grid (2011) (archive.thegreengrid.org)

Températures / consignes

Relier fiabilité IT et consommation énergétique

Aligner consignes et classes d’équipement, éviter l’overcooling

ASHRAE (plage recommandée 18–27°C) (handbook.ashrae.org)

Disponibilité (classe)

Formaliser le niveau de redondance et de tolérance aux pannes

Choisir une classe cohérente avec le BIA et la stratégie PRA

EN 50600 (classes 1 à 4) (tuev-nord.de)

Énergie renouvelable & réutilisation de chaleur

Réduire l’empreinte et répondre aux demandes de transparence

Tracer les sources, documenter les volumes et usages, intégrer dès la conception

Règlement (UE) 2024/1364 (eur-lex.europa.eu)

Pour industrialiser ces mesures, l’approche “capteurs + collecte + corrélation” devient un standard : notre division Noor Technology peut contribuer via des dispositifs Smart Connecting (capteurs, IoT, télémétrie) afin d’améliorer la qualité des données et la réactivité opérationnelle. (Voir : Smart Connecting.)

Réduire l’énergie sans dégrader la résilience : leviers concrets

Optimisation “no regret” (souvent la plus rentable en effort)

  • Airflow management : obturation, confinement, suppression des recirculations.

  • Variateurs & régulations : ventilateurs/pompes à vitesse variable, contrôle fin, consignes stables.

  • Nettoyage des dettes d’exploitation : documentation, étiquetage, mises à jour “as-built”, procédures.

  • Mesure granulaire : comprendre la part IT, refroidissement, distribution, auxiliaires. (iso.org)

Intégration d’énergies renouvelables et stockage : des cas d’usage datacenter

Les projets “énergie” d’un datacenter ne se résument pas à produire : ils doivent sécuriser et stabiliser. Les architectures possibles (selon contraintes du site) incluent autoconsommation, stockage, pilotage, et scénarios de secours. Dans l’UE, la trajectoire de reporting et les KPI (renouvelables, chaleur, eau, etc.) renforcent l’intérêt d’une stratégie structurée. (eur-lex.europa.eu)

Notre division Noor Energy peut intervenir sur l’intégration et le pilotage (suivi, optimisation, GTB/contrôle), et sur les briques Énergie renouvelable lorsque cela s’inscrit dans le besoin et la faisabilité du site.

Mettre la résilience “dans le système” : PRA/PCA et gouvernance

Une infrastructure datacenter résiliente n’est pas qu’une affaire de redondance matérielle : elle doit être reliée à la continuité d’activité. Les guides NIST sur la planification de continuité (SP 800-34 Rev.1) rappellent l’importance d’une démarche structurée (analyse d’impact, stratégies, tests, amélioration continue). (csrc.nist.gov)

Chez Score Group, notre division Noor ITS accompagne ces trajectoires de résilience via les volets datacenter, infrastructure et PRA / PCA (stratégie, architecture cible, exigences, et préparation aux tests).

Feuille de route 2026 : une démarche pragmatique en 6 étapes

  1. Cartographier les services et le BIA : criticité, RTO/RPO, dépendances (énergie, réseau, applicatif).

  2. Auditer l’existant : chaîne électrique, refroidissement, sécurité physique, exploitation, documentation.

  3. Instrumenter : sous-comptage, capteurs (température, débit, énergie), supervision.

  4. Fixer des KPI et cibles : PUE/WUE/consignes, disponibilité, taux d’incident, maturité runbooks.

  5. Prioriser les actions : quick wins + trajectoire pluriannuelle (capacité, densité, liquid cooling, stockage).

  6. Tester : bascules, scénarios de panne, procédures, et boucle d’amélioration continue.

FAQ — Infrastructure datacenter en 2026

Quels KPI suivre en priorité pour une infrastructure datacenter efficace en 2026 ?

Commencez par des KPI qui relient directement exploitation et décisions : PUE (efficacité énergétique globale) selon une méthodologie cohérente, températures/consignes (alignées avec les recommandations), puis WUE si votre site utilise du refroidissement évaporatif ou si la ressource eau est un enjeu. En Europe, ajoutez les indicateurs attendus par le schéma de reporting (renouvelables, réutilisation de chaleur, eau, etc.) pour éviter de “reconstruire” la mesure plus tard. (iso.org)

Comment améliorer la résilience sans exploser la consommation électrique ?

La clé est de viser le bon niveau de redondance (selon votre BIA) et de travailler la maintenabilité autant que le matériel. Beaucoup de gains proviennent d’actions “no regret” : correction des recirculations d’air, pilotage fin (ventilos/pompes), consignes réalistes, et procédures de changement plus strictes. Les analyses d’incidents montrent aussi que la qualité des processus et de l’exploitation pèse lourd dans les pannes évitables : formation, tests et runbooks sont souvent plus efficaces qu’un surdimensionnement. (uptimeinstitute.com)

Quelle température viser en salle informatique pour concilier fiabilité et énergie ?

Il n’y a pas une valeur unique : cela dépend des classes d’équipements et de la distribution d’air. En référence, les recommandations ASHRAE placent la plage “recommended” autour de 18–27°C (température d’air). Le piège classique est l’overcooling (consigne trop basse) qui augmente fortement l’énergie sans améliorer proportionnellement la fiabilité, surtout si l’airflow est imparfait. Une démarche efficace consiste à sécuriser l’air (confinement/étanchéité), homogénéiser les points chauds, puis ajuster progressivement les consignes avec supervision et alarmes adaptées. (handbook.ashrae.org)

Pourquoi la PUE “ne baisse plus” autant qu’avant, et que faire malgré tout ?

Les données sectorielles montrent que la moyenne de PUE a tendance à plafonner autour de 1,55–1,59 depuis 2020, avec une moyenne 2023 à 1,58. Cela s’explique notamment par l’effet du parc existant et par des limites physiques : à un certain niveau, chaque dixième devient plus difficile. Pour progresser, il faut aller au-delà des “best practices” historiques : mesure plus fine, optimisation des régulations, modernisation de la distribution électrique, approche hybride air/liquide sur les zones denses, et stratégie d’énergie (renouvelables, valorisation chaleur) selon contexte. (journal.uptimeinstitute.com)

Et maintenant ?

Si vous souhaitez faire évoluer votre infrastructure datacenter vers un modèle plus résilient et plus sobre, Score Group peut vous accompagner de l’étude à la mise en œuvre : cadrage, conception, optimisation énergétique, instrumentation, et trajectoire PRA/PCA via Noor ITS et Noor Energy. Pour échanger sur vos enjeux (capacité, densification, continuité, KPI, reporting), vous pouvez nous joindre via la page Contact.

 
 
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