Optimisation énergétique d’un datacenter : plan d’action 2026
- 10 févr.
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Réduire l’énergie d’un datacenter, c’est d’abord reprendre le contrôle.
En 2026, l’optimisation énergétique d’un datacenter ne se limite plus à “baisser la clim” : elle combine mesure normalisée (KPI), pilotage temps réel, modernisation des équipements et gouvernance — avec, en toile de fond, des exigences de transparence qui se renforcent en Europe. L’objectif de ce plan d’action est simple : vous aider à structurer des actions concrètes pour diminuer les consommations, sécuriser l’exploitation et améliorer durablement vos indicateurs (PUE, WUE, réutilisation de chaleur, part d’énergies renouvelables).
Chez Score Group — Score Group — nous accompagnons les organisations dans leur transformation énergétique et digitale avec une approche tripartite Énergie, Digital et New Tech. Nos divisions Noor Energy, Noor ITS et Noor Technology interviennent de manière coordonnée, “Là où l’efficacité embrasse l’innovation…”, pour passer d’un datacenter énergivore à un datacenter mesuré, piloté et optimisé.
1) Pourquoi 2026 change la donne (et pourquoi agir maintenant)
Une pression énergétique qui s’accélère
Les datacenters restent une part limitée de la consommation mondiale, mais leur croissance et leurs impacts locaux sont devenus majeurs. L’IEA rappelle que la consommation électrique des datacenters (hors crypto) était estimée à 240–340 TWh en 2022. Par ailleurs, l’IEA indique qu’en 2024, les datacenters représentent environ 415 TWh (environ 1,5% de la consommation mondiale d’électricité) et que la consommation pourrait atteindre ~945 TWh d’ici 2030, notamment sous l’effet de l’IA et de l’“accelerated computing”. Source IEA (datacenters & réseaux) ; Source IEA (Energy and AI).
Des KPI qui se standardisent (et qui deviennent “reportables”)
En Europe, la directive sur l’efficacité énergétique (EED recast) introduit des obligations de monitoring et reporting pour les datacenters, avec une base de données européenne et des indicateurs de durabilité. La Commission européenne rappelle le cadre et les prochaines étapes, dont un “Data Centre Energy Efficiency Package” planifié pour mars 2026 (avec trajectoires, rating, et travaux sur des standards minimums). Source Commission européenne.
Le règlement délégué (UE) 2024/1364 précise les indicateurs et leurs méthodes de calcul (PUE, WUE, ERF, REF) et fixe un rythme annuel de transmission des données. Source EUR-Lex.
Un constat terrain : le PUE moyen stagne
Si beaucoup d’acteurs ont déjà amélioré leurs infrastructures, l’industrie n’avance plus aussi vite sur l’efficacité “facility”. Uptime Institute observe que le PUE moyen du secteur est resté autour de 1,55 à 1,59 depuis 2020, avec un PUE moyen de 1,58 en 2023. Cela signifie qu’il existe encore un gisement significatif d’optimisation, surtout dans les sites existants. Source Uptime Institute (févr. 2024).
2) Les indicateurs à suivre pour une optimisation énergétique “pilotable”
Optimiser sans indicateurs robustes revient à conduire sans tableau de bord. En 2026, visez des KPI comparables, expliqués et actionnables.
PUE : l’indispensable, à condition de bien l’interpréter
Le PUE (Power Usage Effectiveness) est défini comme le rapport entre l’énergie totale du site et l’énergie consommée par l’IT. Il a été popularisé par The Green Grid et normalisé au sein de la famille ISO/IEC 30134. Source The Green Grid (définition PUE) ; Source ISO (ISO/IEC 30134-2).
À retenir : le PUE ne dit pas “tout” (il ne mesure pas l’efficacité applicative, ni l’empreinte carbone). Mais c’est un excellent thermomètre de la performance des auxiliaires (froid, électricité, pertes, distribution).
WUE, ERF, REF : l’eau, la chaleur fatale et les renouvelables entrent dans le cockpit
Le règlement délégué (UE) 2024/1364 formalise notamment :
WUE (Water Usage Effectiveness) : intensité de consommation d’eau rapportée à l’énergie IT (méthodologie décrite). Source EUR-Lex ; Source ISO (ISO/IEC 30134-9:2022).
ERF (Energy Reuse Factor) : part de l’énergie réutilisée (ex : récupération de chaleur) sur l’énergie totale du datacenter. Source EUR-Lex.
REF (Renewable Energy Factor) : part d’énergie renouvelable sur l’énergie totale. Source EUR-Lex.
Indicateurs “opérationnels” à ne pas négliger
Densité et hétérogénéité de charge (kW/rack) : base pour choisir entre air optimisé, confinement, ou refroidissement liquide.
Températures d’entrée serveurs (inlet) et gradients : clés pour réduire le sur-refroidissement et éviter les points chauds.
Rendement UPS selon charge, pertes distribution, qualité réseau : souvent sous-mesurés faute d’instrumentation.
Taux d’utilisation CPU/mémoire, virtualisation, planification des workloads : l’efficacité “IT” réduit le besoin “facility”.
3) Diagnostic express (0–30 jours) : établir une baseline fiable
Avant d’investir, sécurisez une baseline. Un bon diagnostic 2026 ressemble à un audit instrumenté plus qu’à une simple visite.
Étape 1 : cartographier les flux (électrique, thermique, air, eau)
Schéma unifilaire à jour : arrivée, TGBT, STS, UPS, PDU, tableaux divisionnaires.
Chaîne froid : groupes, tours, dry coolers, CRAC/CRAH, boucles, échangeurs, vannes, consignes.
Chemins d’air : faux planchers, obturations, recirculation, by-pass, mélange.
Eau : appoint, purges, adoucissement, points de comptage (si présents) et estimation si absent (méthode + incertitude).
Étape 2 : instrumenter là où ça compte (sans “sur-capter”)
Si vous ne mesurez pas, vous ne pouvez ni prouver ni piloter. En 2026, l’IoT et la mesure électrique multipoints rendent cette étape accessible, mais il faut la faire avec méthode :
Énergie : comptage par grande brique (IT, froid, auxiliaires, éclairage) pour calculer PUE sur une période représentative.
Température : capteurs en entrée de racks (haut/milieu/bas) et zones à risque ; alarmes sur dérives rapides.
Débits/pressions : pour vérifier l’équilibrage hydraulique et aéraulique.
Notre division Noor Technology peut intervenir sur le volet capteurs, connectivité et télémétrie via Smart Connecting, afin d’obtenir des données fiables et exploitables.
Étape 3 : identifier les “pénalités” visibles en 48h
Sur-refroidissement chronique (consignes trop basses, sécurité perçue).
CRAC/CRAH en concurrence, soufflage mal orienté, absence d’obturation.
UPS très sous-chargées, redondance mal alignée avec l’usage réel.
Serveurs fantômes / capacités inutilisées (à traiter côté IT).
4) Quick wins (30–90 jours) : gains rapides, risques maîtrisés
Airflow management : “colmater, séparer, diriger”
Sans changer d’équipement, vous pouvez souvent réduire la dépense énergétique en limitant les courts-circuits d’air :
Obturation des U vides, brosses passe-câbles, réduction des fuites.
Organisation des câbles pour éviter l’obstruction des chemins d’air.
Confinement des allées (quand compatible) et suppression des mélanges air chaud/froid.
Revoir les consignes de température sur une base “ingénierie”
ASHRAE documente des enveloppes environnementales pour les classes de datacenters, avec une plage recommandée de 18 à 27°C pour les classes A1 à A4 (air-cooled), et des plages “allowable” plus larges selon les classes. Source ASHRAE Handbook (chapitre Data Centers).
En pratique, l’optimisation consiste à :
Passer d’une consigne “salle” à une consigne “inlet serveurs”.
Monter la consigne progressivement, avec seuils, monitoring, et règles de retour arrière.
Stabiliser l’humidité selon les recommandations et le risque de corrosion (site, matériaux, filtration).
Exemple concret (sans hypothèse cachée) : l’impact d’un PUE amélioré
/ 1,8 = 44% du total. À PUE 1,5, elle devient (1,5 -
/ 1,5 = 33% . Le gain potentiel dépend de votre consommation réelle, mais cette lecture aide à prioriser : améliorer le froid et les pertes électriques fait souvent baisser rapidement la part “non IT”
5) Projets structurants (3–18 mois) : là où se jouent les gros écarts
Refroidissement : moderniser, “économiser”, hybrider
Économiseurs (free cooling) : exploiter les conditions extérieures quand c’est possible (selon climat, architecture et contraintes de filtration).
Optimisation hydraulique : variateurs, équilibrage, ΔT utile, pilotage fin des pompes et échangeurs.
Contrôle avancé : corréler charge IT (kW), températures inlet, et consignes de production de froid.
High density : évaluer l’opportunité du refroidissement liquide (direct-to-chip, rear-door, etc.) sur îlots denses, plutôt qu’un “big bang” sur tout le site.
Chaîne électrique : réduire les pertes sans toucher à la résilience
Mesurer les rendements réels (UPS, transformateurs, distribution) à différents régimes de charge.
Revoir le mode d’exploitation (redondance, “loading strategy”) pour limiter les plages de très faible charge.
Auditer harmoniques, déséquilibres, échauffements et points de pertes (thermographie + mesures).
IT & workloads : l’efficacité énergétique commence aussi dans les serveurs
Nettoyage de l’existant : serveurs sous-utilisés, VM orphelines, stockage surdimensionné.
Consolidation / virtualisation, politiques d’alimentation (power management) compatibles SLA.
Planification des tâches : lisser les pics, déplacer certaines charges (quand possible) vers des créneaux / zones plus favorables.
Notre division Noor ITS intervient sur l’infrastructure et l’optimisation des environnements via l’expertise Datacenters, en lien avec les exigences d’exploitation, de continuité et de sécurité.
Pilotage “data-driven” : DCIM, GTB et IA pour passer du suivi à l’optimisation
Un pilotage efficace connecte Facility et IT :
GTB/GTC et automatismes : orchestration énergétique des équipements techniques (consignes, scénarios, alarmes).
DCIM / supervision : capacité, énergie, thermique, disponibilité.
Analytique & IA : détection d’anomalies, maintenance prédictive, recommandations de consignes.
Chez Score Group, Noor Energy adresse la partie pilotage des consommations et performance énergétique via Gestion de l’Énergie et la brique GTB via Gestion du Bâtiment. Pour aller plus loin sur l’optimisation avancée, Noor Technology peut intégrer des briques d’analytique via Intelligence Artificielle.
Énergie décarbonée et résilience : intégrer renouvelables, stockage, et stratégie réseau
Sans entrer dans les tarifs, l’enjeu 2026 est de coupler performance énergétique et trajectoire environnementale : autoconsommation (selon faisabilité), stockage, pilotage des charges non critiques, et préparation au reporting (ex. REF). La division Noor Energy couvre aussi les sujets de transition, notamment via Énergie Renouvelable.
6) Conformité & meilleures pratiques : sécuriser vos choix (et vos preuves)
Règlementation européenne : reporting, indicateurs, méthodologies
Le règlement délégué (UE) 2024/1364 définit des indicateurs (PUE, WUE, ERF, REF) et des modalités de communication à la base de données européenne. Source EUR-Lex.
La Commission européenne centralise également des ressources et annonce des évolutions (rating, paquet efficacité) prévues pour mars 2026. Source Commission européenne.
EU Code of Conduct : un référentiel opérationnel, mis à jour
Pour structurer des mesures reconnues, l’EU Code of Conduct on Data Centre Energy Efficiency (JRC) publie des “Best Practice Guidelines” régulièrement mises à jour. Une édition 2025 est disponible comme référence “latest edition”. Source Publications Office (édition 2025).
Normes ISO/IEC 30134 : des KPI comparables, audités, durables
Pour stabiliser vos calculs dans le temps :
PUE : ISO/IEC 30134-2 (édition 2016, révisée avec une nouvelle version indiquée comme disponible en 2026). Source ISO.
WUE : ISO/IEC 30134-9:2022 (et travaux de révision en cours). Source ISO.
7) Plan d’action 2026 : prioriser, exécuter, mesurer
Pour éviter l’effet “liste de courses”, organisez votre feuille de route en trois horizons :
Stabiliser et mesurer (0–3 mois) : baseline, instrumentation minimale, quick wins, procédures.
Optimiser et automatiser (3–9 mois) : pilotage, consignes dynamiques, réduction des pertes, intégration IT/Facility.
Transformer (9–18 mois) : modernisation refroidissement/électrique, stratégie densité, réutilisation chaleur, reporting mature.
Tableau de bord 2026 : actions, objectifs et KPI associés
Bloc | Action | Objectif opérationnel | KPI à suivre | Preuve attendue |
|---|---|---|---|---|
Mesure | Mettre en place un sous-comptage (IT / froid / auxiliaires) | Calculer un PUE robuste et répétable | PUE (mensuel), énergie par usage | Courbes, relevés, méthode documentée (catégorie de mesure) |
Thermique | Capteurs d’inlet racks + cartographie points chauds | Réduire sur-refroidissement sans risque | Températures inlet, alarmes, incidents thermiques | Rapports de tendance + registre d’incidents |
Airflow | Obturation, gestion câbles, réduction recirculation | Augmenter l’efficacité de distribution d’air | Écarts inlet/outlet, stabilité thermique | Plan d’actions, photos avant/après, mesures comparées |
Consignes | Recalibrage progressif des consignes sur référentiel (ex. ASHRAE) | Réduire l’énergie de froid en gardant la fiabilité | PUE, incidents, température/humidité | Procédure de changement + seuils de retour arrière |
Électrique | Mesurer rendements UPS et stratégie de chargement | Réduire pertes à charge partielle | Pertes (kWh), rendement vs charge | Mesures instrumentées + plan d’exploitation |
Eau & durabilité | Comptage eau + optimisation tours/adiabatique (si présent) | Réduire l’empreinte eau | WUE, m³, cycles de concentration | Relevés, méthodo WUE, actions correctives |
Chaleur fatale | Étude de faisabilité réutilisation (bâtiments, réseau de chaleur) | Valoriser l’énergie rejetée | ERF, MWh réutilisés | Étude + scénario de raccordement + mesures |
Renouvelables | Trajectoire de part d’énergie renouvelable (selon contexte) | Améliorer le facteur renouvelable | REF | Traçabilité des sources, reporting consolidé |
Digital & IA | Détection d’anomalies (thermique/électrique) et recommandations | Passer du réactif au prédictif | Incidents évités, dérives détectées, temps de correction | Journal d’événements + tableaux de performance |
8) Comment Score Group vous accompagne (Énergie, Digital, New Tech)
Score Group agit comme intégrateur global : nous fédérons énergie, numérique et innovation dans une logique de performance opérationnelle, de durabilité et de résilience — avec une conviction : des solutions adaptées à chacun de vos besoins.
Noor Energy : pilotage des consommations, optimisation énergétique, GTB/GTC, intégration de trajectoires durables. (Ex : Gestion de l’Énergie, Gestion du Bâtiment.)
Noor ITS : conception/optimisation datacenters, exploitation, résilience, infrastructure IT. (Ex : Datacenters.)
Noor Technology : capteurs, connectivité, IA et automatisation pour l’optimisation continue. (Ex : Smart Connecting, Intelligence Artificielle.)
Principe clé : une optimisation énergétique durable n’est ni 100% “facility”, ni 100% “IT”. Elle est transverse : instrumentation, exploitation, automatisation, gouvernance et amélioration continue.
FAQ – Optimisation énergétique d’un datacenter (questions fréquentes)
Quel est le meilleur KPI pour commencer une optimisation énergétique datacenter ?
Commencez par un PUE calculé proprement, sur une période significative et avec une méthode stable. Le PUE relie directement l’énergie totale du site à l’énergie IT, ce qui vous aide à quantifier la part “support” (refroidissement, distribution, auxiliaires). Ensuite, complétez rapidement par des indicateurs opérationnels : températures d’entrée serveurs, énergie du froid, rendements UPS. Enfin, selon votre contexte (et vos obligations), ajoutez WUE, ERF et REF, notamment tels que structurés dans le cadre européen (méthodologies et reporting).
Comment baisser la consommation de refroidissement sans augmenter le risque d’incidents ?
La clé est de piloter à partir des températures d’entrée des équipements, pas uniquement de la température “salle”. Les recommandations ASHRAE fournissent des enveloppes de référence (plage recommandée 18–27°C pour certaines classes), utiles pour structurer un changement progressif, sous supervision. Combinez cela avec l’amélioration des chemins d’air (obturation, réduction recirculation, éventuellement confinement) et une stratégie de retour arrière si dérive. Le bon compromis se trouve par étapes, avec des données et une exploitation disciplinée.
Pourquoi mon PUE ne s’améliore plus malgré des actions visibles sur le terrain ?
mesure incomplète (IT estimé, sous-comptage insuffisant), (
gains locaux compensés par d’autres dérives (mélanges d’air, consignes contradictoires, fonctionnement simultané de chaînes), (
charge IT changeante (densification, nouveaux workloads, IA). L’industrie observe d’ailleurs un PUE moyen relativement stable autour de 1,55–1,59 depuis 2020, ce qui renforce l’intérêt d’une approche plus “systémique” : instrumentation, contrôle, et optimisation continue plutôt que réglages ponctuels
Quels sont les leviers prioritaires si mon datacenter est existant (brownfield) ?
En brownfield, les meilleurs leviers sont souvent : instrumenter l’énergie par sous-ensembles (pour isoler froid/auxiliaires), corriger la distribution d’air (obturation, recirculation, câblage), revoir les consignes sur une base technique, et optimiser les régimes partiels (UPS, pompes, ventilateurs). Ensuite, vient la phase “projets” : contrôle avancé, modernisation partielle du froid (économiseurs si pertinents), et stratégie densité (îlots à refroidissement liquide si nécessaire). L’objectif est d’obtenir des gains durables sans compromettre disponibilité et SLA.
Et maintenant ?
Si vous voulez transformer ce plan d’action 2026 en feuille de route concrète, Score Group peut vous accompagner de la baseline jusqu’au pilotage continu, en mobilisant nos divisions Noor Energy, Noor ITS et Noor Technology selon vos priorités. Pour lancer une démarche structurée (audit, instrumentation, optimisation et gouvernance), vous pouvez nous contacter via notre page Contact.



