Ventilation double flux : guide complet pour des bureaux performants et confortables
- Cedric KTORZA
- 7 janv.
- 10 min de lecture

Respirer un air sain tout en consommant moins d’énergie, c’est possible avec la ventilation double flux.
Ce guide détaille le fonctionnement de la ventilation double flux en bureaux, ses bénéfices (énergie, confort, santé), les points réglementaires clés, ainsi que les bonnes pratiques de conception et de pilotage. Il explique aussi comment, chez Score Group, la ventilation s’intègre dans une stratégie globale Énergie – Digital – New Tech.
Ventilation double flux en bureaux : définitions et principes clés
De la ventilation simple flux à la double flux
Dans un système simple flux, de l’air neuf entre par des entrées en façade (ou ouvertures) et l’air vicié est extrait mécaniquement. L’air entrant n’est ni filtré, ni préchauffé, ce qui génère des pertes de chaleur importantes et un confort parfois inégal.
La ventilation double flux ajoute un échangeur de chaleur entre l’air extrait et l’air neuf. Concrètement :
Un réseau extrait l’air vicié des bureaux, salles de réunion, sanitaires, etc.
Un second réseau insuffle de l’air extérieur filtré et préconditionné dans les zones de travail.
L’échangeur récupère une grande partie de la chaleur (ou de la fraîcheur) de l’air sortant pour préchauffer (ou prérefroidir) l’air entrant.
Cette technologie permet de maintenir un bon renouvellement d’air sans “jeter” l’énergie déjà dépensée pour chauffer ou rafraîchir le bâtiment. L’ADEME indique que les VMC double flux les plus performantes peuvent récupérer jusqu’à 70–90 % de la chaleur contenue dans l’air vicié, avec des économies de chauffage de l’ordre de 7 à 10 % sur un bâtiment bien isolé. (agirpourlatransition.ademe.fr)
Les principaux composants d’un système double flux en tertiaire
Une installation double flux pour bureaux comprend généralement :
Une centrale de traitement d’air (CTA) double flux : ventilateurs d’insufflation et d’extraction, échangeur de chaleur, caisson de filtration.
Un réseau de gaines : distribution de l’air neuf et reprise de l’air vicié, avec bouches adaptées (open space, bureaux individuels, salles de réunion, sanitaires…).
Un système de régulation : sondes de température, d’humidité, de CO2, variateurs de vitesse, volets motorisés.
Une supervision via GTB/GTC ou système de gestion énergétique, pour ajuster les débits en fonction de l’occupation et des consignes de confort.
Chez Score Group, ces systèmes s’intègrent naturellement avec la gestion technique du bâtiment (GTB/GTC) portée par notre division Noor Energy, ainsi qu’avec les briques numériques et IoT (Noor ITS et Noor Technology) pour un pilotage fin et mesurable.
Les bénéfices concrets d’une ventilation double flux pour vos bureaux
Performance énergétique et récupération de chaleur
La ventilation représente une part significative des déperditions thermiques, notamment dans les bâtiments bien isolés où les pertes par ventilation peuvent atteindre 20 à 70 % du bilan thermique selon le niveau de performance du bâti. (aldes.fr)
En tertiaire, plusieurs études montrent :
Un rendement d’échangeur de 70 à plus de 90 % sur les VMC double flux modernes. (agirpourlatransition.ademe.fr)
Des économies de chauffage de l’ordre de 10 à 20 % par rapport à une ventilation simple flux classique, en particulier dans les climats tempérés à froid et pour des bâtiments correctement isolés. (publications.eti-construction.fr)
Pour un immeuble de bureaux, cela se traduit par :
Une baisse de la puissance de chauffage nécessaire sur l’air neuf.
Une réduction de la facture énergétique annuelle associée au poste ventilation/chauffage de l’air.
Un meilleur alignement avec les trajectoires de réduction de consommation imposées par les réglementations tertiaires.
La division Noor Energy de Score Group s’appuie sur ces gains pour structurer des plans de performance énergétique, en reliant ventilation, chauffage, GTB et gestion de l’énergie dans une même logique de pilotage.
Qualité de l’air intérieur, santé et confort des occupants
Dans les locaux de travail, la réglementation française impose un débit minimal d’air neuf de 25 m³/h par personne dans les bureaux sans travail physique, via ventilation naturelle ou mécanique. (leffetprevention.carsat-aquitaine.fr) La norme européenne EN 13779 (remplacée depuis par l’EN 16798‑1) recommande des débits de l’ordre de 20–30 m³/h par personne dans les locaux non résidentiels, afin de garantir une bonne qualité d’air intérieur. (eoletec.fr)
Une double flux bien conçue permet :
De maintenir ces débits en continu, sans dépendre de l’ouverture des fenêtres.
De filtrer l’air neuf (poussières, pollens, particules fines), ce qui est crucial en milieu urbain.
De suivre le CO2 et d’adapter les débits à l’occupation réelle (salles de réunion, open space, flex office).
Une étude conjointe Cerema – IFPEB publiée fin 2024 pour l’ADEME souligne qu’il est possible de concilier qualité d’air intérieur (QAI) et efficacité énergétique dans les bâtiments tertiaires, en s’appuyant sur trois piliers : sobriété, efficacité aéraulique et filtration. (ademe.fr) La ventilation double flux, combinée à un pilotage intelligent, s’inscrit pleinement dans cette logique.
Confort acoustique et thermique
En supprimant la plupart des entrées d’air en façade, la double flux :
Réduit la perception des bruits extérieurs (trafic, chantiers, etc.).
Limite les courants d’air froid à proximité des ouvrants.
Permet un préconditionnement thermique de l’air neuf, ce qui rend les variations de température moins brutales.
Résultat : un confort accru dans les open spaces, salles de réunion ou espaces confidentiels, avec un impact positif sur la concentration et la satisfaction des collaborateurs.
Exigences réglementaires et dimensionnement en environnement de bureaux
Débits d’air et Code du travail
En France, le Code du travail et ses textes d’application imposent des seuils minimaux de renouvellement d’air pour les locaux professionnels. À titre indicatif : (leffetprevention.carsat-aquitaine.fr)
Bureaux, locaux sans travail physique : min. 25 m³/h par personne.
Salles de réunion, restauration, vente : env. 30 m³/h par personne.
Ateliers avec travail léger : 45 m³/h par personne.
Pour un open space de 300 m² occupé par 30 personnes (10 m²/personne), il faut donc, au minimum, 750 m³/h d’air neuf hygiénique. En pratique, on retient souvent des marges supplémentaires pour tenir compte :
Des pics d’occupation (réunions, visiteurs).
Des contraintes de confort (CO2, odeurs, humidité).
Des déséquilibres éventuels du réseau (pertes de charge, fuites, réglages de bouches).
Normes de conception : EN 16798‑1 et qualité de l’air
La norme NF EN 16798‑1 (2019) décrit les paramètres d’ambiance intérieure (ventilation, qualité de l’air, thermique, acoustique, éclairage) à prendre en compte pour la conception et l’évaluation de la performance énergétique des bâtiments. (boutique.afnor.org) Elle propose plusieurs catégories de qualité d’air (souvent notées de I à IV), chacune associée à des débits d’air et niveaux de performance spécifiques.
Pour un projet tertiaire, cette norme constitue un référentiel utile pour :
Dimensionner les débits en fonction du niveau de confort visé (bureaux premium, call centers, espaces sensibles).
Articuler ventilation, chauffage et climatisation dans une approche “performance globale”.
Préparer la documentation nécessaire aux certifications environnementales ou aux audits énergétiques.
Chez Score Group, ces référentiels techniques sont reliés aux enjeux opérationnels : performance énergétique, continuité d’activité, confort, mais aussi cybersécurité des systèmes de GTB.
Points de vigilance spécifiques aux bureaux
Dans les bâtiments tertiaires, la ventilation double flux doit tenir compte de :
L’occupation variable (télétravail, flex office) : intérêt majeur de la modulation des débits via capteurs CO2 et présence.
La mixité des usages (plateaux, salles de réunions, zones techniques, sanitaires) qui nécessite un zonage fin.
Le bruit : dimensionnement des réseaux et choix des terminaux pour limiter les niveaux sonores dans les espaces de concentration.
L’intégration architecturale : gestion des faux plafonds, gaines verticales, réservations techniques.
La maintenance : accès aux filtres, ventilateurs, registres et éléments de mesure.
Comparatif : ventilation simple flux vs double flux pour des bureaux
Tableau synthétique : simple flux ou double flux en environnement tertiaire ?
Critère | Ventilation simple flux | Ventilation double flux |
|---|---|---|
Principe | Extraction mécanique, entrées d’air en façade, pas de récupération de chaleur. | Insufflation + extraction mécaniques, échangeur récupérant la chaleur/fraîcheur. |
Performance énergétique | Déperditions élevées liées au renouvellement d’air. | Récupération de 70–90 % de la chaleur de l’air extrait, économies de chauffage significatives. (agirpourlatransition.ademe.fr) |
Qualité de l’air | Renouvellement conforme si bien dimensionné, filtration limitée (grilles). | Filtration centralisée possible (poussières, pollens, particules fines), pilotage selon CO2. |
Confort acoustique | Entrées d’air en façade, transmission des bruits extérieurs. | Peu ou pas d’entrées directes en façade, meilleur isolement acoustique. |
Complexité d’installation | Réseau plus simple, particulièrement en rénovation légère. | Deux réseaux de gaines, intégration plus exigeante, coordination CVC/architecture/IT. |
Pilotage énergétique | Modulation possible mais souvent limitée. | Modulation fine des débits, scénarios horaires, intégration à la GTB et à la gestion de l’énergie. |
Pilotage intelligent : relier ventilation, énergie et numérique
Intégrer la double flux dans la GTB et la gestion de l’énergie
Le véritable potentiel de la ventilation double flux en bureaux se révèle lorsqu’elle est connectée à une GTB et à un système de gestion de l’énergie :
Scénarios de fonctionnement selon horaires, jours ouvrés/non ouvrés, vacances.
Adaptation automatique aux conditions extérieures (température, hygrométrie) et à l’occupation.
Suivi des consommations des ventilateurs, des températures d’air soufflé/repris, des rendements d’échangeur.
Alertes en cas de dérive (filtres encrassés, ventilateur défaillant, déséquilibre des débits).
C’est précisément le rôle de la gestion du bâtiment et de la gestion de l’énergie chez Noor Energy : centraliser les données des équipements (ventilation, chauffage, climatisation, éclairage…) et orchestrer des stratégies d’optimisation continue.
Capteurs, IoT et Smart Building
Pour ajuster la ventilation aux besoins réels, il faut mesurer finement l’état des espaces : CO2, particules, température, humidité, taux d’occupation, etc. C’est là qu’intervient l’IoT :
Capteurs répartis dans les bureaux et salles de réunion.
Passerelles de communication (BACnet/IP, Modbus, MQTT…).
Plateformes de supervision et d’analytics en temps réel.
La division Noor Technology – Smart Connecting de Score Group met en œuvre ces briques IoT et connectivité temps réel, tandis que Noor ITS assure la robustesse de l’infrastructure numérique (réseaux, systèmes, datacenters, cloud) qui supporte la GTB et les plateformes de données.
Apprentissage automatique et optimisation continue
Au-delà de la régulation classique, l’intelligence artificielle ouvre la voie à des optimisations plus avancées :
Prédiction des profils d’occupation (saisonnalité, jours de télétravail, périodes d’activité intense).
Adaptation dynamique des consignes de ventilation en fonction de la météo, des apports internes et des contraintes énergétiques.
Détection de dérives (consommation anormale, baisse de rendement de l’échangeur, déséquilibres aérauliques).
Chez Score Group, cet usage de l’IA est au cœur du troisième pilier “New Tech” : la ventilation double flux devient ainsi un levier parmi d’autres dans une stratégie d’efficacité énergétique pilotée par les données.
Bonnes pratiques de conception et d’exploitation en bureaux
En phase de conception / rénovation
Définir clairement les objectifs : niveau de confort visé, cible énergétique, exigences de certification éventuelles.
Coordonner CVC, architecture, IT : réservation des gaines, faux plafonds, locaux techniques, accès maintenance.
S’appuyer sur les normes (EN 16798‑1, Code du travail) pour fixer les débits et niveaux de performance.
Prévoir la connexion à la GTB et aux systèmes de mesure énergétique dès la conception.
Anticiper la flexibilité future : possibilités de reconfiguration des plateaux, scalabilité des réseaux de gaines.
En phase d’exploitation
Mettre à jour les consignes en fonction des usages réels (télétravail, réorganisation des équipes, nouveaux espaces).
Surveiller les indicateurs clés : CO2, débits mesurés, rendements d’échangeur, consommations électriques.
Assurer la maintenance préventive : filtres, courroies, ventilateurs, registres, étanchéité du réseau.
Impliquer les occupants : communication sur le fonctionnement du système, remontée d’inconfort ou de bruit.
Dans une approche globale Énergie – Digital – New Tech, Score Group peut intégrer ces aspects dans une offre plus large de supervision, services managés et support SLA, pour transformer la ventilation en véritable actif de performance.
Questions fréquentes sur la ventilation double flux en bureaux
Comment dimensionner une ventilation double flux pour un plateau de bureaux ?
Le dimensionnement commence par l’évaluation des besoins d’air neuf : réglementation (par exemple 25 m³/h par personne dans les bureaux), densité d’occupation, usages spécifiques (salles de réunion très occupées, call centers, laboratoires légers…). On traduit ensuite ces besoins en débits par zone et par bouche, en intégrant les pertes de charge des gaines et les réserves nécessaires. Les normes comme EN 16798‑1 aident à relier ces débits aux objectifs de confort (qualité d’air, température, acoustique). Enfin, on intègre les contraintes architecturales et de GTB pour choisir la bonne configuration de centrale, réseaux et automatismes.
La ventilation double flux est-elle pertinente en rénovation de bureaux existants ?
Oui, mais la faisabilité dépend fortement de la structure du bâtiment. En rénovation, la principale contrainte est l’espace disponible pour les gaines, les locaux techniques et les traversées de plancher. Sur des plateaux avec faux plafonds suffisants et gaines verticales existantes, l’intégration est souvent possible, parfois en combinant des solutions centralisées et des modules décentralisés par zone. Une étude de faisabilité est indispensable pour évaluer les travaux, les gains énergétiques et l’impact sur l’exploitation (phasing chantier, continuité d’activité). Dans certains cas, une optimisation d’un système simple flux existant (régulation, récupération partielle) peut être plus réaliste.
Quelle maintenance nécessite une ventilation double flux en milieu tertiaire ?
Une double flux demande une maintenance régulière mais maîtrisable. Les opérations essentielles sont le remplacement des filtres (généralement deux à quatre fois par an selon l’environnement), le contrôle et le nettoyage périodique de l’échangeur, la vérification des ventilateurs et des courroies, ainsi que la calibration des capteurs (température, CO2, pression). Des inspections aérauliques ponctuelles permettent de vérifier que les débits sont conformes et que le réseau reste étanche. Un suivi via GTB ou système de gestion de l’énergie facilite la détection des dérives (consommations anormales, perte de rendement) et permet d’anticiper les interventions pour limiter les arrêts.
Peut-on connecter une installation double flux à une GTB existante ?
Dans la grande majorité des cas, oui. Les centrales double flux modernes communiquent via des protocoles standard (BACnet, Modbus, parfois KNX ou IP natif), ce qui facilite l’intégration dans une GTB existante. L’enjeu n’est pas seulement la connexion, mais la manière de piloter : quels points remonter (températures, débits, états, alarmes), quelles lois de régulation appliquer (modulation selon CO2, horaires, scénarios d’occupation), et comment intégrer la ventilation dans la stratégie globale de gestion de l’énergie. L’expertise de Noor Energy en gestion du bâtiment permet justement de structurer ce dialogue entre CVC, énergie et IT.
Comment gérer une ventilation double flux avec des taux d’occupation très variables (flex office, télétravail) ?
Dans ce contexte, la clé est la modulation intelligente des débits. On combine généralement plusieurs leviers : débits nominaux réduits en base, augmentation automatique selon le niveau de CO2 ou la présence, scénarios horaires adaptés aux rythmes réels de l’entreprise et, si possible, prise en compte de données d’occupation issues des systèmes de réservation de salles ou de capteurs (IoT). L’objectif est de maintenir une bonne qualité d’air uniquement là et quand c’est nécessaire, tout en évitant les surventilations coûteuses. Les solutions de Smart Connecting et d’IA de Noor Technology sont particulièrement pertinentes pour orchestrer ces ajustements en temps réel.
Et maintenant ? Passer à l’action pour vos bureaux
La ventilation double flux est un levier puissant pour concilier confort des occupants, qualité de l’air intérieur et performance énergétique de vos bureaux. Pour en tirer tout le potentiel, elle doit être pensée dans une approche globale, connectée à votre GTB, à votre infrastructure numérique et à vos objectifs de décarbonation.
En tant qu’intégrateur global, Score Group fédère les expertises Noor Energy (performance énergétique et gestion des bâtiments), Noor ITS (infrastructures numériques) et Noor Technology (IA, IoT, automatisation) afin de concevoir des solutions adaptées à chacun de vos besoins. Pour discuter de votre projet ou envisager un audit, contactez nos équipes via la page Contact et construisons ensemble la feuille de route de vos bureaux de demain, là où l’efficacité embrasse l’innovation.



