Souveraineté numérique : enjeux et actions concrètes pour 2026
- Cedric KTORZA
- 7 janv.
- 9 min de lecture

Pourquoi la souveraineté numérique devient urgente en 2026
La souveraineté numérique n’est plus une option.
Derrière cette expression, il ne s’agit pas seulement de serveurs « localisés en Europe », mais de la capacité réelle d’une organisation à maîtriser ses données, ses infrastructures, ses dépendances technologiques et sa résilience. En 2026, cette question devient stratégique pour toutes les entreprises, sous la pression combinée de la cybersécurité, des réglementations européennes et de la compétition mondiale autour de l’intelligence artificielle.
Selon Eurostat, 21,5 % des entreprises de l’UE ont subi au moins un incident de sécurité ICT avec conséquences en 2023 (indisponibilité de services, perte ou divulgation de données).(ec.europa.eu) Dans le même temps, les rapports de l’ENISA montrent une hausse marquée des attaques disruptives et des incidents dans les services numériques essentiels.(enisa.europa.eu) Autrement dit, la continuité de votre activité dépend directement de vos choix numériques.
Chez Score Group, l’enjeu est clair : accompagner cette bascule vers une souveraineté numérique efficace, là où l’efficacité embrasse l’innovation, en s’appuyant sur l’architecture tripartite Énergie, Digital et New Tech et sur les divisions Noor ITS, Noor Energy, Noor Technology et Noor Industry.
Souveraineté numérique : de quoi parle-t-on vraiment ?
Une définition orientée entreprises et organisations
Pour une entreprise, la souveraineté numérique peut se résumer en une question : « Jusqu’où gardons-nous le contrôle sur nos systèmes, nos données et nos usages numériques, même en cas de crise technique, géopolitique ou réglementaire ? »
Concrètement, cela recouvre plusieurs dimensions :
Infrastructures : capacité à choisir, combiner et éventuellement relocaliser ses réseaux, datacenters, clouds et solutions collaboratives.
Données : localisation, chiffrement, gouvernance, accès, conformité (RGPD, NIS2, etc.).
Logiciels & plateformes : éviter les situations de dépendance forte (verrouillage fournisseur) sur des solutions extra-européennes critiques.
Compétences & gouvernance : disposer des équipes, des processus et de la vision stratégique pour arbitrer les choix technologiques.
Comme le soulignent plusieurs analyses européennes, la souveraineté numérique n’est plus dissociable de la souveraineté économique et politique, tant la dépendance aux grandes plateformes étrangères (cloud, IA, services numériques) est devenue structurelle.(ft.com)
Pourquoi 2026 marque un tournant ?
Plusieurs tendances convergent à l’horizon 2026 :
Renforcement du cadre européen (RGPD, NIS2, DORA, eIDAS, etc.) qui impose de mieux maîtriser les risques cyber et les chaînes de dépendance numériques.
Explosion des usages cloud et IA, qui accentue le rôle des hyperscalers et pose la question du contrôle des données et des modèles.
Montée en puissance des initiatives publiques comme la doctrine française « Cloud au centre », qui impose pour l’État l’hébergement de données sensibles sur des offres qualifiées (SecNumCloud ou équivalent) et immunisées contre l’accès d’États tiers.(numerique.gouv.fr)
Contexte géopolitique tendu qui pousse les entreprises européennes à reconsidérer leur dépendance aux fournisseurs extra-européens, notamment dans le cloud.(reuters.com)
Dans ce contexte, la question n’est plus « faut-il viser la souveraineté numérique ? », mais « comment la rendre opérationnelle dans l’entreprise, sans freiner l’innovation ? ».
Les grands enjeux de souveraineté numérique pour les organisations
1. Protection des données et risque cyber
Les cyberattaques ne sont plus des événements exceptionnels mais un bruit de fond permanent. Entre juillet 2023 et juin 2024, environ 10 000 cyberattaques ont été recensées dans l’UE, les secteurs publics, les transports et la finance étant particulièrement visés.(en.unav.edu) Les rapports de l’ENISA confirment la prépondérance des attaques par déni de service et du ransomware dans le paysage européen.(enisa.europa.eu)
Pour une entreprise, la souveraineté numérique implique donc :
de réduire au maximum la surface d’attaque (segmentation, durcissement, mises à jour),
de disposer de capacités de détection et de réaction rapides,
de garantir la restauration des données et des services essentiels même après un incident majeur.
C’est là que la cybersécurité ne doit pas être pensée comme un « ajout » mais comme un composant natif de votre stratégie de souveraineté numérique.
2. Dépendance aux grandes plateformes cloud et aux fournisseurs extra‑européens
Le cloud public a apporté une agilité considérable, mais aussi une concentration sans précédent des infrastructures critiques. Le marché européen reste largement dominé par quelques acteurs américains, ce qui suscite des interrogations croissantes sur la capacité des entreprises à maîtriser leurs données et leurs choix technologiques à long terme.(ft.com)
La souveraineté numérique ne signifie pas renoncer au cloud public ni aux innovations portées par ces acteurs, mais plutôt :
adopter une stratégie multi‑cloud ou hybride,
séparer ce qui peut rester sur des plateformes globales de ce qui doit être hébergé sur des infrastructures de confiance,
garder la maîtrise des clés de chiffrement, des identités et des flux de données,
prévoir des scénarios de sortie et de migration (réversibilité).
3. Continuité d’activité et résilience des services numériques
La souveraineté numérique se mesure aussi à la capacité de l’organisation à continuer de fonctionner en cas de panne majeure, d’attaque ou de rupture de service chez un fournisseur. Le rapport ENISA sur les incidents de sécurité dans les télécoms recense, pour 2024, 188 incidents majeurs dans l’UE, en hausse de plus de 20 % par rapport à 2023, avec des impacts significatifs en « heures utilisateurs perdues ».(enisa.europa.eu)
Cela renforce l’importance de :
plans de continuité d’activité (PCA) et de reprise après sinistre (PRA),
architectures redondées et diversifiées (multi‑sites, multi‑fournisseurs),
tests réguliers de bascule et d’exercices de crise.
Souveraineté numérique et transformation énergétique : une approche systémique
Numérique, énergie et durabilité : des enjeux intimement liés
Un système d’information véritablement souverain doit aussi être sobre, maîtrisable et résilient sur le plan énergétique. Datacenters, réseaux, objets connectés, capteurs industriels : tous consomment de l’énergie et reposent sur des infrastructures physiques qu’il faut piloter, protéger et optimiser.
Grâce à sa division Noor Energy, Score Group accompagne les organisations dans la gestion énergétique intelligente, la gestion du bâtiment (GTB/GTC), la mobilité durable et l’intégration d’énergies renouvelables. Cela permet de :
sécuriser l’alimentation des sites critiques (datacenters, salles serveurs, postes de contrôle),
réduire les coûts d’exploitation tout en améliorant la disponibilité,
aligner les stratégies numériques et climatiques, élément désormais scruté par les régulateurs et les investisseurs.
Infrastructures numériques locales, mais sobres et résilientes
Construire une souveraineté numérique robuste suppose souvent de rapprocher certaines capacités numériques des sites de production ou des sièges : edge computing, micro‑datacenters, interconnexions sécurisées, etc. Mais ces choix ne sont soutenables que si l’énergie est pilotée finement (efficacité énergétique, pilotage intelligent, production locale renouvelable).
Score Group se positionne comme un intégrateur global capable de faire dialoguer les piliers Énergie, Digital et New Tech pour concevoir des architectures où la performance opérationnelle, la sécurité et la sobriété énergétique ne s’opposent plus.
Axes d’action concrets pour renforcer votre souveraineté numérique d’ici 2026
Synthèse des priorités 2026
Enjeu | Objectif 2026 | Leviers opérationnels | Divisions Score Group impliquées |
|---|---|---|---|
Cyber‑sécurité | Réduire significativement l’exposition aux attaques et le temps de reprise | Audit, segmentation, SOC/monitoring, réponse à incident, durcissement postes & serveurs | Noor ITS (cybersécurité) |
Cloud & données | Maîtriser localisation, accès et réversibilité des données critiques | Stratégie multi‑cloud, chiffrement, gestion des identités, politique de données sensibles | Noor ITS (cloud & hosting), Noor Technology (outils data/IA) |
Continuité d’activité | Assurer la poursuite des services essentiels même en cas de crise majeure | PCA/PRA, redondance sites & liaisons, tests de bascule, sauvegardes souveraines | Noor ITS, Noor Energy |
Infrastructures & énergie | Disposer d’infrastructures maîtrisées, sobres et résilientes | Modernisation réseaux & datacenters, gestion de l’énergie, GTB/GTC, énergies renouvelables | Noor ITS, Noor Energy, Noor Industry |
Innovation et IA | Développer des cas d’usage IA sous contrôle de l’entreprise | Projets IA ciblés, gouvernance des modèles, supervision des flux de données | Noor Technology |
1. Reprendre la main sur vos infrastructures critiques
Premier pilier : savoir où sont vos données, qui contrôle vos infrastructures et comment elles sont interconnectées. Cela commence par une cartographie détaillée de votre socle IT (sites, réseaux, serveurs, clouds, applications critiques), puis par des choix d’architecture qui limitent les points de fragilité et les dépendances irréversibles.
Les équipes de Noor ITS interviennent notamment sur :
les réseaux et systèmes au travers d’architectures d’infrastructure IT robustes,
la conception ou l’optimisation de vos datacenters (on‑premise ou colocalisés),
l’intégration de solutions de cloud & hosting (privé, public, hybride) avec une logique de contrôle et de réversibilité.
L’objectif : bâtir un socle maîtrisé, capable de supporter vos applications critiques et vos futures innovations, sans vous enfermer dans un modèle unique.
2. Élever rapidement votre niveau de cybersécurité
Une souveraineté numérique crédible passe par un noyau cybersécurité solide. Sans lui, la localisation des données ou la diversification des fournisseurs ne suffisent pas.
La division Noor ITS peut, par exemple, s’appuyer sur son expertise en cybersécurité pour :
réaliser des audits de posture et de conformité,
mettre en œuvre des mesures de protection (segmentation réseau, durcissement, MFA, chiffrement),
améliorer la détection et la gestion des incidents,
intégrer ces exigences de sécurité dès la conception de vos nouveaux projets (approche « security by design »).
Une bonne question à se poser : « Si un de nos fournisseurs numériques critiques était indisponible demain, de quoi dépend notre capacité à continuer de travailler en sécurité ? »
3. Sécuriser la donnée tout au long de son cycle de vie
La souveraineté numérique est aussi une affaire de gouvernance de la donnée. Il ne suffit pas de l’héberger dans un certain pays : il faut contrôler qui y accède, comment elle est chiffrée, où elle circule et combien de temps elle est conservée.
Les actions clés incluent :
classification des données (sensibles, stratégiques, réglementées),
politiques de localisation (quelles données peuvent aller dans le cloud public, lesquelles doivent rester sur des environnements de confiance),
chiffrement systématique, avec maîtrise interne des clés,
stratégie de sauvegarde et de restauration adaptée aux scénarios d’attaque (ransomware, effacement, fuite).
La mise en place de solutions de PRA / PCA cohérentes avec ces principes est un levier majeur pour garantir à la fois conformité, résilience et souveraineté.
4. Renforcer la résilience opérationnelle et la continuité d’activité
Les chiffres européens sur les incidents de sécurité dans les télécoms et les services numériques montrent que la question n’est pas de savoir « si » un incident surviendra, mais « quand » et avec quelle intensité.(enisa.europa.eu)
Pour être souverain, un système doit donc être conçu pour tomber en panne sans paralyser l’organisation. Cela implique :
des architectures redondées (sites, liens, fournisseurs),
des scénarios de dégradation maîtrisés (fonctionnalités minimales garanties),
des plans de communication de crise,
des tests réguliers de bascule et de restauration.
En croisant les expertises de Noor ITS (infrastructures, PRA/PCA, réseaux) et de Noor Energy (alimentation électrique sécurisée, gestion des bâtiments), Score Group aide à construire des dispositifs où IT et énergie forment un tout cohérent.
5. Gouvernance, compétences et innovation sous contrôle
Enfin, aucune démarche de souveraineté numérique ne tient dans la durée sans une gouvernance claire et des compétences internes suffisantes. Les décisions d’architecture (choix d’un cloud, externalisation d’une brique, recours à un outil d’IA…) doivent être prises en pleine connaissance des impacts en termes de dépendance, de sécurité et de conformité.
La division Noor Technology accompagne cette logique en intégrant des solutions basées sur les nouvelles technologies tout en gardant le contrôle côté client. Par exemple, les projets d’intelligence artificielle peuvent être pensés de manière à limiter l’exposition de données sensibles à des services externes, en privilégiant des modèles et des déploiements maîtrisés.
À travers ses activités d’étude, d’ingénierie et d’intégration, Score Group peut contribuer à structurer des roadmaps de transformation numérique et énergétique alignées sur vos enjeux de souveraineté.
FAQ : tout comprendre sur la souveraineté numérique en entreprise
Qu’est-ce que la souveraineté numérique pour une entreprise française ?
Pour une entreprise, la souveraineté numérique désigne la capacité à contrôler ses actifs numériques stratégiques : données, infrastructures, applications, identités et processus critiques. Cela ne veut pas dire se couper des grands fournisseurs internationaux, mais pouvoir choisir, arbitrer et éventuellement changer de modèle sans mettre en péril l’activité ni violer les réglementations (RGPD, NIS2, etc.). Elle inclut aussi la résilience (PCA/PRA), la cybersécurité, la maîtrise des coûts et la compatibilité avec les objectifs de durabilité et de performance opérationnelle.
Comment démarrer une démarche de souveraineté numérique en 2026 ?
La première étape consiste à dresser un état des lieux : cartographie des systèmes, dépendances critiques, localisation des données, contrats cloud, exposition aux risques cyber. Il est ensuite pertinent de définir quelques priorités à court terme (par exemple : sécurisation des accès, sauvegardes, PRA/PCA) et des chantiers structurants à moyen terme (stratégie cloud, gouvernance de la donnée, modernisation des infrastructures). S’appuyer sur un intégrateur comme Score Group permet de croiser les dimensions IT, énergie et innovation pour bâtir une trajectoire pragmatique, adaptée à votre niveau de maturité.
Souveraineté numérique et cloud public sont-ils compatibles ?
Oui, à condition d’adopter une démarche de maîtrise. Le cloud public reste un levier puissant d’innovation et de flexibilité, mais il doit être utilisé avec discernement : choix précis des régions et des services, chiffrement avec clés contrôlées par l’entreprise, segmentation des données sensibles, contrats cadrant la réversibilité. Il est souvent judicieux de combiner cloud public, cloud privé et infrastructures locales dans une approche hybride ou multi‑cloud, avec des environnements de confiance pour les données et services les plus sensibles.
Quels indicateurs suivre pour mesurer sa souveraineté numérique ?
On peut suivre plusieurs familles d’indicateurs : dépendance fournisseur (nombre de services critiques liés à un seul prestataire, existence de plans de sortie), résilience (RTO/RPO, fréquence des tests PCA/PRA, temps moyen de reprise après incident), cyber (nombre d’incidents, taux de systèmes à jour, couverture MFA), données (part des données sensibles localisées sur des environnements de confiance, taux de chiffrement) et gouvernance (existence d’un comité de pilotage, mise à jour régulière des cartographies et politiques). L’objectif n’est pas la perfection, mais une amélioration continue et pilotée.
Et maintenant, comment passer à l’action ?
La souveraineté numérique est un chemin, pas un état figé. L’enjeu, dès 2026, est de poser des fondations solides : infrastructures maîtrisées, cybersécurité intégrée, données protégées, continuité d’activité assurée, le tout dans une logique d’efficacité énergétique et d’innovation.
En tant qu’intégrateur global, Score Group et ses divisions Noor ITS, Noor Energy, Noor Technology et Noor Industry peuvent vous accompagner pour transformer ces enjeux en plan d’action concret et adapté à votre contexte. Pour échanger sur vos priorités, vos contraintes réglementaires ou vos projets de modernisation, vous pouvez nous contacter dès maintenant via notre page dédiée : nous contacter.



